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Jacki Maréchal en son paysage Jacki Maréchal avait rendez-vous. Depuis quand ? Peut-être
l’ignorait-il lui-même jusqu’à ce que l’évidence se révèle comme une source
ayant attendu son jour pour surgir avec force et douceur. Il avait
rendez-vous avec l’artiste qu’il cherchait dans d’autres oeuvres quand vint
enfin le moment de livrer la sienne. Il avait rendez-vous avec sa peinture
qui depuis quelques années surgit, évolue et se renouvelle à un rythme
prodigieux. Mais cet élan créateur n¹a pourtant rien à voir avec
d’improbables prodiges puisque c¹est en sachant s’ouvrir à ce qui patientait
en lui et en y travaillant chaque jour à l’atelier que Jacki
Maréchal a pu accéder à cette abondance désormais partagée. Une
quête inquiète, littéraire, spirituelle, esthétique, a précédé le
foisonnement qu’il accueille maintenant avec sérénité après s’être confronté
non seulement aux apprentissages mais encore aux héritages d’autres artistes.
Avec eux s’établirent des liens amicaux et professionnels qui vinrent compléter
les recherches personnelles, les interrogations, les tâtonnements, étapes
incontournables pour l’acquisition d’un « métier » avec lequel il faut
accepter de rompre pour accéder à son propre langage. Tout créateur chemine
ainsi. Jacki Maréchal a dû ouvrir toutes ces portes
et il faut parfois des décennies pour passer de l’une à l’autre, à moins
d’être mû, comme lui, par une force qui vient de loin et qui, le moment venu,
sans détours, passe directement dans la toile. Délester
le tableau du poids des concepts, le libérer des références qui pourraient
dégénérer en révérences, le préserver du jeu superficiel des citations,
l’alléger de toute démonstration, quel programme ambitieux pour une oeuvre si
fraîchement épanouie ! Mais que serait un art sans cette ambition qui lui est
propre, par nature illimitée ? « Il
arrive un moment dans la vie où vous décidez de faire une promenade et vous
vous promenez dans votre paysage » écrivait Willem De Kooning. Je
crois que Jacki Maréchal a poussé cette haute porte
et qu’il entre résolument dans ce paysage, son paysage, qui nous invite à
notre tour à de libres promenades. Publication : Jean Tardieu, un passant, un passeur. (essai) Le
grand variable (roman) Le club des pantouflards (roman) Trois figures du
malin (nouvelles) Alma s’en va (nouvelle) et de nombreux recueils de poèmes,
participation à plusieurs anthologies, participation à plusieurs revues. + sur : cottetemard.hautetfort.com |
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